2009 08 Mai
Article Par s1702 dans Réflexions
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Leçon de Close-up par Lancelot 5/5

Avec la permission de Lancelot.
Son site: lan-ce-lot.fr/


Chéres amies, Chers amis, bonjour !
Certains d’entre vous, nouveaux ou plus anciens, s’interrogent sur l'art difficile de faire un close-up de maniùre professionnelle.
C’est pourquoi je vous ai concoctĂ© quelques leçons qui, je l’espĂšre, vous aideront lors de vos prestations. Sans plus attendre, voici


 



La leçon numéro 1 : le tour de carte

Arriver avec cinq jeux de cartes complets et chacun de couleur diffĂ©rente. Ne pas saluer ni ĂȘtre ne serai-ce que cordial ou urbain envers les gens attablĂ©s : vous ĂȘtes le magicien, merde, vous ĂȘtes au-dessus de ça, tout de mĂȘme, enfin quoi ! Si on vous fait une remarque, profĂ©rer quelques injures et se plaindre vĂ©hĂ©mentement du mĂ©pris que l’on rĂ©serve aux artistes, que le travail de nos jours n’est pas reconnu, que c’est un scandale, quitter la salle en colĂšre en insultant tout le monde. Bien. Il est Ă©vident que vous avez amenĂ© dans votre mallette de close-up man professionnel une table et des chaises supplĂ©mentaires : utilisez-les. Faites se lever et dĂ©placer les spectateurs, surtout s’ils mangent, pour les installer autour de votre table. Demander Ă  ce qu’on coupe la musique, interdire aux serveurs d’intervenir, bĂąillonner les chieurs afin de prĂ©venir toute intervention intempestive des spectateurs. Une fois ces prĂ©liminaires indispensables effectuĂ©s, le tour proprement dit peut commencer.

Donner les cinq jeux Ă  un spectateur, les lui faire mĂ©langer tous ensemble, afin de bien montrer qu’ils ne sont pas truquĂ©s, si l’on excepte les deux jeux radios et le biseautĂ©. Une fois que les jeux ont Ă©tĂ© bien mĂ©langĂ©s, demander, afin d’écarter tout idĂ©e de compĂ©rage, Ă  un autre spectateur de reclasser les jeux par couleur de dos, ensuite chaque jeu par couleur “trĂšfle-pique-carreau-cƓur”, ensuite par ordre de l’as au roi, sachant qu’exceptionnellement le valet sera placĂ© aprĂšs le huit, sauf en ce qui concerne le jeu vert, oĂč les neuf et les dames doivent ĂȘtre inversĂ©es, c’est pas compliquĂ©, nom de dieu !

Pendant ce temps, aller boire un verre.

A votre retour, prendre le jeu jaune. Les quatre autres jeux ne servant Ă  rien dans ce tour, il suffit de les ranger dans la poche. Évidement, il faut auparavant les remettre dans leurs Ă©tuis respectifs, faire un emballage cadeau et les insĂ©rer dans un sac plastique hermĂ©tique, car les jeux sont chers et il faut les protĂ©ger.

Demander à un spectateur de choisir un nombre entre 528796 et 1256789 EXCLUS (c’est trùs important). Une fois que le spectateur a dit son nombre, remercier tout le monde, votre close-up est fini pour ce groupe, passer à un autre groupe.

Aller boire un coup.

Au retour, faire le “jeu Ă©lectrique”, ça fait toujours son effet.

Si vous n’obtenez pas d’applaudissement, profĂ©rer quelques injures et se plaindre vĂ©hĂ©mentement du mĂ©pris que l’on rĂ©serve aux artistes, que le travail de nos jours n’est pas reconnu, que c’est un scandale, quitter la salle en colĂšre en insultant tout le monde.

Retourner boire un coup.

Revenir, dĂ©placer votre table et les chaises, et se diriger vers d’autres mangeurs, en les invitant Ă  vous suivre par cette subtile accroche : “A vous, bande de cons”.

Une fois qu’ils sont assis, donner le jeu jaune, demander Ă  un spectateur de se souvenir de la 6Ă©me carte aprĂšs le huit de cƓur en partant du dessus, et de la 12Ă©me en partant du DESSOUS aprĂšs le valet de trĂšfle, sachant, cela va de soi, qu’il doit faire ceci SOUS la table, c’est pas compliquĂ© nom de dieu ! RĂ©cupĂ©rer le jeu, faire un double-lift suivi d’un side steal inversĂ©, procĂ©der Ă  un atfus (mĂ©thode Lehnard Green numĂ©ro 27 modifiĂ© Vallarino), empalmer 8 cartes, faire trois sauts de coupe et les 27 faux mĂ©langes que vous connaissez. Citer Marlo, ça fait toujours bien. Redonner le jeu au spectateur.

Demander au spectateur de faire un chĂąteau de carte sur la table avec l’intĂ©gralitĂ© du jeu. Pour le bon fonctionnement du tour, le chĂąteau doit faire au moins 1.5 mĂštre de hauteur, c’est pas compliquĂ© nom de dieu !

Aller boire un coup. Vous devriez d’ailleurs avoir le temps d’en reboire un deuxiùme.

Revenir, voir que le spectateur n’a pas fini, retourner boire un coup, qu’est-ce que je vous disais (c'est ça, l'expĂ©rience...)!

DiscrĂštement, se coller un scotch double-face d’environ 10 cm sur 10 cm sur le front, y ajouter de la Wax (”de toutes les matiĂšres, c’est la Wax que je prĂ©fĂšre”, en vente chez les bons marchands de trucs, 629 euros le pot de 50 gr pas cher).

Re-revenir Ă  la table. Si le spectateur n’a pas rĂ©ussi Ă  faire un chĂąteau de carte prestigieux, profĂ©rer quelques injures et se plaindre vĂ©hĂ©mentement du mĂ©pris que l’on rĂ©serve aux artistes, que le travail de nos jours n’est pas reconnu, que c’est un scandale, quitter la salle en colĂšre en insultant tout le monde, aller boire un coup.
Si le spectateur a rĂ©ussi, foutre un grand coup de boule dans le chĂąteau de carte. Une carte reste, avec un peu de chance, collĂ©e sur votre front : annoncer que c’est la carte qui sera choisie par un spectateur au close-up que vous allez effectuer le 27 mai 2014 pour l’Amicale des Amoureux des Phoques en Ă©tat de DĂ©composition.

Aller boire un coup, revenir, profĂ©rer quelques injures et se plaindre vĂ©hĂ©mentement du mĂ©pris que l’on rĂ©serve aux artistes, que le travail de nos jours n’est pas reconnu, que c’est un scandale, quitter la salle en colĂšre en insultant tout le monde.

Se mettre aux Ă©lastiques (ceci fera l’objet de notre leçon n° 2). Note : il est important de prĂ©voir des aspirines pour le lendemain.




Leçon numéro 2 : les élastiques en close-up


(chose promise
)

Il existe une loi, dans ce domaine, qu’il faut connaĂźtre et ne pas transgresser : il ne faut jamais faire de tours d’élastiques en close-up. On voit rien (la preuve : “J’ai rien vu, j’étais au fond du Palais Omnisport de Bercy quand le magicien a fait son machin avec les Ă©lastiques sur scĂšne, j’ai rien vu !” nous dit M. Gilbert MontagnĂ©), on comprends rien (”C’est qui cette LeĂŻla Stick ? Je comprends rien !” nous dit M. Johnny Halliday) , faut travailler (”aucun tour d’élastique n’a jamais Ă©tĂ© fait par un corse” nous dit Claude Brun) et en plus ça emmerde tout le monde ("Dieu que je me languis devant ses facĂ©ties caoutchouteuses" nous dit Edouard Balladur).

Bon, et mĂȘme si c'est pas toujours tout Ă  fait le cas (il y a toujours des vicieux et des pervers Ă  qui ça pourrait plaire, les exceptions, nombreuses, courent les rues, que fait la police ?), en fait, pour tout vous dire... j’y arrive pas, les tours d'Ă©lastiques, ça passe dessus, dessous, faut tourner Ă  gauche puis de nouveau en bas, je suis perdu, ça casse tout le temps, ça me pĂšte Ă  la tronche, ça m'Ă©nerve, mais ça m'Ă©nerve, j'y arrive pas !

Alors c’est comme ça : il ne faut jamais faire de tours d’élastiques en close-up ! On Ă©coute les anciens et on ferme sa gueule, c'est tout.


(décidément, les élastique, c'est pas mon truc...)


Fin de la leçon numĂ©ro 2. Prochainement, leçon numĂ©ro trois : La femme zig-zag et la malle des Indes en close-up (Exclusive included : une photo des nichons de Sittah+ “free !” : une photo de ses implants mammaires avant insertion).

(merci de bien penser à envoyer votre chÚque de 1.528 Euros, tarif préférentiel, pour la leçon numéro 2, à Lancelot, HÎpital Psychiatrique de Saint-Egreve, deuxiÚme placard en entrant)




Leçon 3 : Malle des Indes et Femme coupée en deux.

Vous vous approchez de la table. AprĂšs avoir saluĂ©, vous demandez Ă  un des spectateur quelle est sa carte prĂ©fĂ©rĂ©e. Le spectateur rĂ©ponds (par exemple) : “huit de trĂšfle”. Vous vous exclamez : “ça alors !”, et vous claquez des doigts.

A ce moment lĂ , des chaises Ă  porteur arrivent (autant que de spectateurs autour de la table). Les spectateurs sont invitĂ©s Ă  monter, on va les sortir de la salle sous un tir fourni de kabuki. Une dizaine de serveurs dĂ©barrasse la table de maniĂšre Ă  pouvoir emporter les plats, pendant que deux roadies vont dĂ©placer la table proprement dite et les chaises. Bien entendu, vous prenez la tĂȘte du cortĂ©ge.

A la sortie du restaurant, une limousine attend chacun des convives, ainsi qu’un camion pour transporter les plats, les couverts, et la table et les chaises (prĂ©voir un mini-bus pour emmener les serveurs et les roadies).

Le cortĂšge peut s’ébranler, une centaine de figurants jalonne le parcours et jettent des pĂ©tales de roses sur les limousines (pas sur le camion ni sur le minibus, un budget, cela se maitrise). Une fois arrivĂ© au théùtre que vous avez louĂ© (un “500 personnes” semble raisonnable), la table est redressĂ© dans la salle, les chaises rĂ©installĂ©es, les spectateurs peuvent s’asseoir, et regarder la scĂšne. Vous faites le tour pour entrer par les coulisses, et vous annoncez : “et maintenant, Sittah !”. Pendant une demi-heure, les spectateurs vont assister Ă  un spectacle fĂ©erique, oĂč des jeunes demoiselles fort peu vĂȘtues et bien mises de leur personnes vont faire des sauts de carpes, des cabrioles et des galipettes avant que de jeunes Ă©phĂšbes, tout aussi peu vĂȘtus et Ă  l’air mystĂ©rieux, les foute dans des coffres, des cages, les coupe en deux, en trois, en douze, leur mette le feu, etc. A la fin du show, Otto Wessely descend en lĂ©vitation du ciel, et dans un silence religieux, s’exclame : “Les boites, c’est la vie !”. Sur ces paroles mystĂ©rieuses, les serveurs, les roadies reviennent avec vous en tĂȘte, on retire quelques kabuki, on reprends les limousines, et on retourne au restau (un feu d’artifice est prĂ©vu sur le trajet de retour).

Une fois revenu dans la salle Ă  manger, quand vos spectateurs sont de nouveau assis devant leur repas, vous regarder votre premier spectateur, et vous lui dites : “Je le savais ! Soulevez votre assiette !”. Sous l’assiette, il y a un huit de trĂ©fle.

Saluez, passez Ă  la table suivante.

Explication : Lorsque vous claquez des doigts, vous avez crĂ©er ce que l’on appelle une “misdirection”. Pensez Ă  claquer des doigts LE BRAS LEVE. Pendant que les spectateurs regardent vos doigts, de l’autre main, vous glissez subrepticement la carte citĂ©e sous l’assiette du spectateur (prĂ©cision pour les dĂ©butants : il est Ă©vident que vous avez, dissimulĂ© sur vous, 52 poches avec chacune une carte, dont vous avez mĂ©morisĂ© l’ordre, ce qui vous permet d’empalmer instantanĂ©ment la carte choisie par le spectateur).

Nota Bene : il va de soit que ce type de close-up est dit “de luxe”. Ne pas hĂ©siter Ă  demander un budget consĂ©quent de 200, voire 300 euros si vous sentez que le client a les moyens.

Chose promise : en PJ, Sittah Top-less et ses implants mammaires.

SITTAH TOP-LESS :



Les implants (avant insertion) :



Prochaine leçon : Le mentalisme




Leçon 4 : Le mentalisme en close-up


1- L'effet CDN.

Il faut se méfier de l'effet CDN, qui peut rendre toute une cession de close-up en mentalisme totalement ratée.


2- Un ĂȘtre Ă  part

Le magicien qui fait du mentalisme en close-up doit ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un ĂȘtre Ă  part. Il touche le domaine mystĂ©rieux de l’esprit, il connaĂźt des choses qui ne sont pas accessibles au commun des mortels. Il SAIT. Il sait, par exemple, si les forces telluriques du troisiĂšme cercle s’accordent avec les natifs du 18Ă©me dĂ©can de Yog Soggoth


En consĂ©quence, il serait de mauvais goĂ»t, pour un mentaliste, d’arriver dĂ©guisĂ© en Ă©lĂ©phant rose Ă  un close-up. PrivilĂ©giez les tenues sobres, sombres, noires. Le mieux est, avant d’aller faire votre close-up, de regarder les journaux, rubrique nĂ©crologique, et d’aller Ă  un enterrement quelconque (pas d ‘importance si vous ne connaissez pas la personne, mais un dĂ©cĂšs d’enfant, c’est le top).

Le mentaliste doit ĂȘtre le plus silencieux possible. Si votre client vous demande “à quelle heure commencez-vous ?”, le regarder longuement, et au bout de dix minutes, faire demi-tour et vous retirer dans une piĂšce fermĂ©e, comme si cette question impliquait de longues rĂ©flexions et cachait des problĂšmes mĂ©taphysiques insoupçonnĂ©s. Éventuellement, pour votre repas, demander une assiette avec trois pousses de soja et un verre de lait de chĂšvre (ne pas oublier de manger une bonne choucroute avant l’enterrement). Faire des signes Ă©sotĂ©riques et cabalistiques au dessus du verre de chĂšvre, avant de discrĂštement le foutre dans le pot la premiĂšre plante verte venue.

Déroulement du close-up :

S’asseoir dans un coin de la salle, ne plus bouger, fixer une table, et ce pendant une bonne demi-heure. Comme si vous vous concentriez, comme si vous tentiez mentalement d’établir le contact avec les ondes des huit personnes assises Ă  cette table. Si ces personnes, au bout d’un certain temps, se sentent extrĂȘmement mal Ă  l’aise, vous avez gagnĂ© : elles passent une bonne soirĂ©e. Une astuce psychologique : portez des lunettes de soleil aux verres trĂšs sombres. D’une part, cela accentue votre cĂŽtĂ© mystĂ©rieux. D’autre part, vous pouvez tranquillement piquer un roupillon.

Au bout d’une demi-heure, s’avancer vers la table, lentement. Si les convives partent en hurlant, lĂ  aussi c’est gagnĂ©. Ne pas saluer, ne pas dire bonjour, ne surtout pas ĂȘtre poli : vous ĂȘtes largement au-dessus de ces contingences mesquines. Marmonner quelque chose du style “Grmbl grml expĂ©rience grmlb grmlgrml expĂ©rience gmbl force tellurique grblm 18Ă©me dĂ©can grml Yog soggoth grmlb grmlb expĂ©rience expĂ©rience”. Le maĂźtre mot est “expĂ©rience”. Redevenez clair l’espace de trente secondes pour assĂ©ner d’une voix forte “qu’une expĂ©rience, ça peut rater”. C’est le secret du mentalisme. En effet, un magicien banal, ce machin ringard qui se produit de temps Ă  autre, fait des “effets”. En clair : s’il passe un foulard bleu dans sa main, le foulard devient rouge. Vous, non : si vous passez un foulard bleu dans votre main, il se peut trĂšs bien qu’il ressorte bleu : les forces telluriques du troisiĂšme cercle n’était pas accordĂ©s avec les natifs du 18Ă©me dĂ©can de Yog Soggoth ce jour-là
 S’il ressort rouge, c’est un coup de pot magistral, faire comme si c’était prĂ©vu.

Bref, vous ĂȘtes Ă  la table, vous avez fait votre introduction. Sortez un stylo, une feuille et une enveloppe cachetĂ©e. L’enveloppe sera votre prĂ©diction. Ne pas oubliĂ© de regarder attentivement pendant cinq bonnes minutes le stylo d’un air abasourdi, comme si c’était, mettons, la troisiĂšme phalange du gros orteil de Cagliostro. Demandez successivement, en partant de votre gauche (et inscrivez au fur et Ă  mesure sur la feuille) : une capitale, un animal, un nombre compris entre 100 et 666, une couleur, une date de naissance, un phantasme, le prĂ©nom d’une personne chĂšre dĂ©cĂ©dĂ©e rĂ©cemment (note : un peu de bonne humeur n’est jamais Ă  nĂ©gliger), un autre nombre compris entre un et quatre.

Une fois ceci fait, mettre la feuille avec les huit Ă©lĂ©ments bien en vue (un morceau de chewing-gum bien mĂąchĂ© et le front d’un des convives semble tout indiquĂ©). Ouvrez prĂ©cautionneusement l’enveloppe cachetĂ© (cela doit prendre AU MOINS dix minutes). RĂ©vĂ©ler la prĂ©diction : aucun Ă©lĂ©ment ne correspond ! Incroyable. L’expĂ©rience n’a pas marchĂ©, les forces telluriques du troisiĂšme cercle ne sont pas accordĂ©es avec les natifs du 18Ă©me dĂ©can de Yog Soggoth aujourd’hui
 Quitter mystĂ©rieusement la table, retourner Ă  sa chaise, fixer une autre table pendant une demi-heure, et recommencer.

Explication : en fait, Ă  part la personne qui choisit un nombre entre un et quatre, tous les autres sont complices, vous ĂȘtes allĂ©s les voir avant la soirĂ©e afin de leur dire de choisir l’élĂ©ment qu’ils veulent SAUF celui marquĂ© sur la feuille. Pour le dernier nombre, c’est un calcul mathĂ©matique assez complexe, mais en fait vous avez deux possibilitĂ© :

- vous avez marquĂ© “Deux” et votre spectateur a choisi “Trois” : c’est un succĂšs complet, l’expĂ©rience a totalement ratĂ©, votre aura mystĂ©rieuse sera considĂ©rablement accrue, et votre image de Grand dĂ©tenteur des secrets de l’ñme humaine terriblement renforcĂ©e.

- vous avez marquĂ© “Deux” et le spectateur a choisi “Deux”. C’est ratĂ©, tout foutre en l’air, profĂ©rer quelques injures et se plaindre vĂ©hĂ©mentement du mĂ©pris que l’on rĂ©serve aux artistes, que le travail de nos jours n’est pas reconnu, que c’est un scandale, quitter la salle en colĂšre en insultant tout le monde, et aller boire un coup.


L'effet CDN :

Voici, ci-dessous, un magicien magnifique, au regard mystérieux et envoûtant évoquant tous les mystÚres de l'orient, dont la magie est gùchée par l'effet CDN :



Pour vous prémunir de l'effet CDN (dit aussi "crotte de nez"), un gimmick est en vente pas cher 128 Euros les cinq sur mon site, sous le nom "Qul'in-ekss"



Leçon 5 : Le close-up pour enfants


Quoi de plus charmant, de plus mignon, que le monde de l'enfance ? L'imaginaire y est roi, et tout y est merveilleux.

Le close-up pour enfant a un avantage non négligeable, que nous verrons en fin de cours.

Avant toute chose, sachez que les maßtres mots sont patience, douceur, compréhension et maßtrise de soi.

Les enfants aimant les histoires, afin d'accéder à leur univers, il est bon de mettre en conte votre cession de close-up. Ayant particuliÚrement étudié la psychologie enfantine, c'est trÚs sereinement que je vous conseille, lorsque vous avez des charmants bambins devant vous, de faire un numéro de calculateur prodige.

Pour commencer, je vous conseille cet exercice simple : le petit ange va donner un nombre entre 10 et 100, vous allez instantanĂ©ment fournir le rĂ©sultat de ce mĂȘme nombre portĂ© Ă  la puissance 5.

Voici comment procéder.

Saluer l'enfant, lui raconter l'histoire du pingouin magique (c'est vous) qui calculait trÚs trÚs vite. Lui expliquer qu'un jour, le pingouin a rencontré un lutin (c'est l'enfant). Le magicien s'exprime alors ainsi "dis-moi, petit lutin, donne-moi un nombre entre 10 et 100". Il y a de fortes chances que l'enfant réponde "c'est quoi un lutin ?" ou "c'est quoi un nombre?" ou "chaussure verte !" ou "caca !", voire "brlff bleuleu beuleu" pour les plus jeunes. Les enfants sont formidables ! Ici se place un point crucial : dans ces cas-là, on dit que l'enfant n'a "pas compris" (oui, je sais, le vocabulaire est un tantinet technique..). Ce n'est pas grave.

Vous allez rĂ©pĂ©ter. S'agenouiller pour ĂȘtre Ă  la hauteur du petit (l'enfant est un ĂȘtre fragile que l'on doit respecter profondĂ©ment). Et rĂ©pĂ©tez doucement votre question : "dis-moi, petit lutin, donne-moi un nombre entre 10 et 100". "il a un site internet, le lutin ? On peux le voir sur Youtube ?" - "chais pas qu'est-ce que c'est un nombre j'te dis" - "tomate pĂ©pĂ© !" - "caca !" - "brlff bleuleu beuleu". Bon. Cela arrive aussi, certains gamins sont moins Ă©veillĂ©s que d'autres, visiblement. Ce n'est pas grave.

Vous avez un atout technique supplémentaire, cela s'appelle la "reformulation" : "je te demande de me dire un nombre entre 10 et 100" (admirez la finesse de la reformulation). "il est Pacsé, le lutin ? Il est hétéro ou homo ?" - "mais chais pas qu'est-ce que c'est un nomb' j'viens de t'dire co nnard" - "tomate mémé !" - "cacaaaa !" - "brlff bleuleu beuleu beuarghghghghgh". Il ne faut pas vous énerver. C'est pas des mioches qui vont vous gùcher votre close-up. D'autant plus que vous avez investit dans une calculette scientifique afin qu'il puisse vérifié le résultat que vous allez lui donner, alors bon. Ce n'est pas grave.

"Ecoute sale gosse, tu le dis ton nombre, sinon le pingouin tu vas te le prendre dans la tronche ?" "Ils ont des grosses bittes, les lutins ?" - "quarante-douze ?" - "patate pépé tomate mémé chaussure vélo!" ou "cacaaaaaaaaaaaaaaa ! trop tard", voire "bröttt...".

C'est comme ça, certains niards d'alcooliques ont la comprenette lente. N'importe qui leur collerait une baffe pour leur apprendre la politesse, Ă  ses petits cons. Or, il ne faut jamais gifler un enfant. Surtout pas vous. Vous ĂȘtes un professionnel. Vous, vous sortez le "color book" qui vous a coĂ»tĂ© une fortune parce qu'il est Ă©pais comme un annuaire, et vous lui en foutez un bon coup sur le crĂąne, Ă  ce merdeux. En tant que pro, vous savez que ça laisse peu de trace, alors que la gifle, ça se voit tout de suite. C'est ça, l'expĂ©rience...

Normalement, Ă  ce stade, vous devriez sentir une lĂ©gĂšre douleur dans les oreilles, et peut ĂȘtre une sensation d'humiditĂ© sur les mains. On dit que l'enfant "pleure" (c'est technique lĂ  aussi), ce sont ses cris qui vous font mal aux oreilles. C'est normal, ça montre que votre close-up se passe bien.

Laissez tomber votre excellent numéro de calculateur prodige, finissez à la va-vite par une langue transpercée, mettez un aiguille non truquée dans la main gauche du chiard pour qu'il essaie, faites apparaßtre un ding dong, mettez-le dans la main droite du pou, renvoyez le à ses parents avec un bon coup de pied au c..., et barrez vous en vitesse. Sales mÎmes.

Les avantages du close-up pour enfant :

Certes, certains diront qu'une des caractéristique du close-up pour enfant est qu'il est curieusement difficile de se faire payer. Il faut le voir comme un investissement : dorénavant, et dans les mois à venir, vous allez rencontrer plein de gens auprÚs de qui placer votre close-up pour adulte : des avocats, des juges, des jurés, des gendarmes, etc. Quel bonheur ! Grùce aux charmants petits anges, vous avez réveillé la part d'enfant qui sommeillait en vous, quelle belle histoire !



Magicien ayant particuliÚrement bien réussi son close-up pour enfant.


Commentaires

Le 13 Octobre 2010 par remi :
5/5
Je me suis bien marré, excellent!
Pour ceux qui l'ont pas encore fait, allez voir le site de Lancelot, tout aussi loufoque!
Le 16 Avril 2010 par pierro421 :
0/5
Merci à toi pour cet articles !
Rigolant
Le 27 Septembre 2009 par AnaRchiC :
5/5
"Aucun sujet similaire..." Tu m'étonnes!
Le 13 Septembre 2009 par AnaRchiC :
0/5
Au génie! Haha!
J'avoue avoir bien rigolé moi aussi!
Merci pour ce chef d'oeuvre.
Le 27 Août 2009 par denis34760 :
0/5
Ce mec est génial !
(Et pourtant je n'ai vu aucun de ses tours, comme quoi....)
Le 30 Juin 2009 par aliveintripping :
0/5
Excellent !!! ^__________^


Vraiment merci bcp pour ce bon moment que j'ai passe a rigoler dans mes heures de boulot XD !!!!

ne doutes pas a faire de si bon copier coller de l'autre coté des pyrénnes on te devra une fier chandelle

Le 01 Juin 2009 par s1702 :
0/5
merci à toi TheKissMagic mais rendons à César ce qui lui appartient.
Ce texte a été écrit par Lancelot.
Le 01 Juin 2009 par TheKissMagic :
0/5
 stylé ton texte sur la leçon du close-up !!!!!!!!
mdr le close-up pour enfant !!

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