Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

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freddragn
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Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar freddragn » 06 Fév 2010 19:25

Vu le refus de le mettre sur le site et la demande de le mettre sur le fofo, voici l'article qui j'ai écrit. Je l'ai placé ici pour que tout le monde puisse y avoir accès et réagir librement.
N.B. : Ce qui suit découle d'une réflexion personnelle. Les réponses potentiellement fournies n'ont pas d'importance, seul la trame doit vous intéresser.

Cet article n'a pas la prétention de donner une réponse absolue au lecteur, mais cherche plutôt à mettre sur le tapis le modus operandi permettant l'obtention d'une définition, sinon d'objectifs nécessaires à l'orientation du magicien. Il s'agit d'une des questions les plus difficiles à aborder concernant cette activité : la définition de la magie est, qu'on-se-le-dise, relativement complexe puisque, comme le sujet de la définition même, elle reste personnelle à tout un chacun.

Alors par où commencer?

Entamons cette article par une recherche de la définition officielle dans le dictionnaire.
Cet ouvrage référentiel nous indique que la magie consiste en un « ensemble de croyances et de pratiques reposant sur l'idée qu'il existe des puissances cachées dans la nature, qu'il s'agit de se concilier ou de conjurer, pour s'attirer un bien ou susciter un malheur, visant ainsi à une efficacité matérielle. » (1)

Cette définition semble à première vue renvoyer au côté obscure de la magie telle que la magie blanche ou noire, nous éloignant donc de notre art. Quoique...
En effet, le magicien, contrairement au prestidigitateur et au manipulateur-tricheur, cherche à faire ressentir à ses spectateurs l'existence, la présence d'un élément que ces derniers ne soupçonnent pas, d'un facteur invisible que le magicien maîtrise et peut rendre tangible à l'esprit du spectateur via une réalité concrète (telle que le jeu de cartes, les pièces, les cordes, etc.), par un travail sur une matière abstraite (tel que le mentalisme qui se base sur l'esprit, le destin, le hasard) voire une combinaison des deux.
Certes, cette définition reste vague, restrictive même. Mais il s'agit du minimum permettant de partir sur une base commune à tous les magiciens.

Là où les Romains commencent à s'empoigner, c'est lorsque l'on se concentre sur le but de la magie. Il s'agit là de la première question que l'amateur magique doit (ou devrait) se poser dès ses prémisses : « Pourquoi faire de la magie? »

C'est bien à cette question que les réponses divergent. Et où l'on trouve la différence, règne généralement l'intérêt. Lorsque l'on demande aux magiciens pourquoi ils sont devenus magiciens, les réponses forment un amas éclectique d'opinions opposées, divergentes, parallèles voire semblables. Mais, bien que cela puisse être intéressant, nous ne nous occuperons pas de ce que les autres pensent de la magie mais plutôt l'œil que nous portons sur celle-ci. Comme nous l'avons précisé au début de cet article, la magie est une chose propre à tout un chacun. Mais au-delà de l'appropriation de cet art, il est bon de savoir dans quelle direction nous avançons.

Comme vous l'aurez compris, nous ne traitons pas de charlatanisme, manipulation, triche et autres disciplines nécessitant une habilité manuelle apparente, mais bien de la magie dans son sens premier, à savoir l'habileté à faire sentir au spectateur des phénomènes qu'il ne peut imaginer ou percevoir seul. Il s'agit là de l'objectif principal du magicien. Mais, comme il s'en rendra compte dans son évolution, il sera capable de faire ressentir ce qu'il souhaite à son cobaye. Voilà donc un point de départ, que l'on peut exprimer sous forme de question : « Quels sentiments véhiculer? ».

Certains s'orienteront vers des sentiments agréables, tels que la surprise, l'étonnement, la curiosité. D'autres prendront un chemin totalement contraire en voulant transmettre la (stu)peur, le malaise, le dégoût même. D'autres encore souhaiteront faire passer le doute, le mystère.

On l'aura compris : les chemins sont divers et mènent tous à des sensations et à des mises-en-scène différentes. Là, personne ne peut décider à votre place : c'est votre personnalité qui vous guidera vers le chemin de façon relativement naturelle.

Chose importante : le genre de magie que nous voudrons exécuter ne doit surtout pas influencer notre choix de mise-en-scène. Ce n'est pas parce que nous nous orienterions vers un côté a priori plus mystérieux de la magie que nous devons calquer notre présentation sur un schéma classique et répétitif. Au contraire, essayons justement de générer l'originalité.

Pour illustrer simplement cette remarque, prenons l'exemple de Juan Tamariz qui accomplit sa Triple Coïncidence. A la base, les coïncidences renvoient à la vaste branche du mentalisme, réputée pour être plus sombre et mystérieuse que la cartomagie ou la numismagie (2). Pourtant, lorsque l'on voit le maître accomplir ses miracles, personne ne se sent mal, personne n'est traumatisé ou dérangé; au contraire, c'est dans la joie et la bonne humeur que ce petit monde vit les divers concours de circonstances extraordinaires. Et c'est ce qui fait que Juan Tamariz est personnage irremplaçable ou inimitable : il a défini les caractéristiques d'un personnage qui étaient le sien.

Mais alors, comment se créer un personnage? Ce personnage est-il obligatoire?

Commençons par la dernière interrogation concernant l'obligation d'un personnage. Cette question a une réponse qui peut paraître ambigüe : oui, il faut une personnalité; non, il ne faut pas de personnage à 100%.

L'explication n'est pas si compliquée que cela : en tant qu'êtres humains, nous sommes par définition uniques et différents les uns des autres. Et si la création d'un personnage n'est pas obligatoire, l'implication de notre personnalité est primordiale : nous ne devons pas tomber dans le stéréotype du magicien classique mais plutôt faire ressortir ce qui nous rend unique, notre singularité et notre différence vis à vis des autres. Regardons les magiciens suivants : Gaëtan Bloom, Juan Tamariz et Lennart Green. Ils sont bien différents l'un de l'autre, physiquement certes, mais surtout magiquement puisqu'ils sont sortis des sentiers battus qui ont été balisés par les magiciens antérieurs plus classiques. Ils ont su exprimer, grâce ou sans l'intermédiaire d'un personnage (3), leur personnalité, leur caractère.

Même si le magicien passe par l'utilisation d'un personnage, il ne doit pas jouer le rôle de cet étranger : il doit être cet autre, ce qui sous-entend le fait d'avoir la capacité à répondre à n'importe quel imprévu, à pouvoir réagir et rebondir en cas d'éléments perturbants exactement comme la personne le ferait si elle existait réellement. Ainsi, le travail de composition de cette façade est un ouvrage de longue haleine et de constante recherche et amélioration.

Notes :

(1) Dictionnaire en ligne Larousse (http://www.larousse.fr/encyclopedie/nom ... u_il/67354)

(2) Encore une fois, tout cela reste très théorique.

(3) Car qui, en dehors d'eux-même, peut dire s'il s'agit d'un personnage ou de la personne habituelle?
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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar denis34760 » 08 Fév 2010 20:29

:modo:

Un grand :merci: à toi Fred (tiens on se tutoie maintenant !!??) pour cette contribution dont tu sais déjà tout le bien que je pense...

J'ajouterai à cet article une toute petite prolongation ( dont personne ne se rendra compte tant elle est petite) qui est apparue comme par enchantement dans ma petite tête...

Une fois que nous aurons définis ce qu'est notre magie, d'une part, et quel sont les émotions que nous souhaitons faire ressentir, d'autre part, nous aurons déjà ce que l'on pourrait assimiler à un point de départ, et un point d'arrivée. Aussi de part les effets que nous allons en fin de compte produire, nous allons illustrer un trajet, une connexion, un lien.... qui n'a rien de normal dans le sens où nous allons concrétiser quelque chose qui normalement est impossible . Je soulèverai donc la question suivante :
Qu'est ce qui va amener mes spectateurs, à croire que l'invraisemblable ou l'impossible va se produire, se produit ou s'est produit :?:

Voila pour ma part ce que cet article m'a déjà apporté. En espérant que d'autre Aosnautes suivent le même chemin et me donnant matière à réflexion...



P.S. "Aosnaute" n'est toujours pas reconnu par le correcteur d'orthographe :boulet:
"-Et moi tu peux me faire disparaître !!! hein tu peux pas !!!
-Ne me tente pas trop quand même ..."

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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar Invité » 08 Fév 2010 20:56

denis34760 a écrit ::modo:
Je soulèverai donc la question suivante :
Qu'est ce qui va amener mes spectateurs, à croire que l'invraisemblable ou l'impossible va se produire, se produit ou s'est produit :?:


Déjà les spectateurs ne quitteront pas tout de suite le monde réel. Un effet "impossible" présenté dès le début, n'amenera souvent aux spectateurs que la question "Comment a t-il fait ? "
Les spectateurs doivent nous accepter, une part d'eux doit accepter ce qui se passe. Le personnage du magicien doit agir en conséquence: Un magicien "j'me la pète" provoquera un sentiment de défi chez les specateurs, pas de magie. Il leur propose des casses-têtes qu'ils essayeront de résoudre ( essayeront, hein? :wink: ).

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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar freddragn » 08 Fév 2010 22:04

magicjules a écrit :
denis34760 a écrit ::modo:
Je soulèverai donc la question suivante :
Qu'est ce qui va amener mes spectateurs, à croire que l'invraisemblable ou l'impossible va se produire, se produit ou s'est produit :?:


Déjà les spectateurs ne quitteront pas tout de suite le monde réel. Un effet "impossible" présenté dès le début, n'amenera souvent aux spectateurs que la question "Comment a t-il fait ? "
Les spectateurs doivent nous accepter, une part d'eux doit accepter ce qui se passe. Le personnage du magicien doit agir en conséquence: Un magicien "j'me la pète" provoquera un sentiment de défi chez les specateurs, pas de magie. Il leur propose des casses-têtes qu'ils essayeront de résoudre ( essayeront, hein? :wink: ).

Qui te parle de quitter le monde réel?
Je me cite par rapport à cela:
En effet, le magicien, contrairement au prestidigitateur et au manipulateur-tricheur, cherche à faire ressentir à ses spectateurs l'existence, la présence d'un élément que ces derniers ne soupçonnent pas, d'un facteur invisible que le magicien maîtrise et peut rendre tangible à l'esprit du spectateur via une réalité concrète (telle que le jeu de cartes, les pièces, les cordes, etc.), par un travail sur une matière abstraite (tel que le mentalisme qui se base sur l'esprit, le destin, le hasard) voire une combinaison des deux.
Certes, cette définition reste vague, restrictive même. Mais il s'agit du minimum permettant de partir sur une base commune à tous les magiciens.


En somme, le réel n'est qu'une partie visible et ridiculement facile à percevoir. La base de mon raisonnement est basée sur la théorie des Idées de Platon : il existe deux mondes que l'on peut appeler Monde des Idées et Monde matériel. Le Monde matériel est le monde qui nous entoure, que nous pouvons toucher, modifier et agencer alors que le Monde des Idées consiste en la conception de l'objet. Si je te dis "lit", tu penseras peut-être à un sommier, un matelas, une couverture et un oreiller, là où d'autres penseront à une paillasse, un hamac ou un lit à baldaquin. Tu auras l'Idée générale et la matière personnelle.
Bref, tout ça pour te dire que le monde magique et le monde réel ne sont pas des mondes parallèles mais bien sécants en plusieurs points. Il te faut juste créer le déclic nécessaire, déverrouiller le loquet qui maintient leur esprit cartésien en place, ouvrir la boite de Pandore pour en laisser échapper les idées, les réactions, les stupéfactions les plus inattendues.
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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar AnaRchiC » 08 Fév 2010 23:44

Je m'en vais citer Bernard Werber dans son "Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu":

" Les idées sont comme des êtres vivants. Elles naissent, elles croissent, elles prolifèrent, elles sont confrontées à d'autres idées et elles finissent par mourir.
Et si les idées comme les animaux avaient leur propre évolution? Et si les idées se sélectionnaient entre elles pour éliminer les plus faibles et reproduire les plus fortes comme dans la théorie d'évolution darwinienne?
Dans "Le Hasard et la Nécessité", en 1970, Jacques Monod émet l'hypothèse que les idées peuvent disposer d'une autonomie propre et, comme les êtres organiques, souhaiter se reproduire et se multiplier.
En 1976, dans "Le Gène égoïste", Richard Dawkins évoque le concept d'"Idéosphère". Cette idéosphère serait au monde des idées ce que la biosphère est au monde des animaux.
Dawkins écrit ainsi: "Lorsque vous plantez une idée fertile dans mon esprit, vous parasitez littéralement mon cerveau, le transformant en véhicule pour la propagation de cette idée". Et il cite à l'appui le concept de Dieu, une idée qui est née un beau jour et n'a plus cessé ensuite d'évoluer et de se propager, relayée et amplifiée par la parole, l'écriture, puis la musique, puis l'art, les prêtres la reproduisant et l'interprétant de façon à l'adapter à l'espace et au temps dans lesquels ils vivent. "


La pratique de la magie n'est elle pas un pont vers ce monde des idées que l'Homme ne maitrise que peu?
Quand vous vous mettez à rêver éveillé ne dit-on pas de vous que vous êtes "ailleurs"? Ce "ailleurs" n'est il pas cette "idéosphère"? Mais cette "idéosphère" ne fait elle pas partie d'un tout plus vaste encore?
Il est actuellement difficile de répondre avec exactitude à ces quelques questions. Peut être est-ce les fameux 90% restant de notre cerveau qui nous permettront de mieux appréhender et définir cet alter-monde.

freddragn a écrit :L'explication n'est pas si compliquée que cela : en tant qu'êtres humains, nous sommes par définition uniques et différents les uns des autres. Et si la création d'un personnage n'est pas obligatoire, l'implication de notre personnalité est primordiale : nous ne devons pas tomber dans le stéréotype du magicien classique mais plutôt faire ressortir ce qui nous rend unique, notre singularité et notre différence vis à vis des autres. Regardons les magiciens suivants : Gaëtan Bloom, Juan Tamariz et Lennart Green. Ils sont bien différents l'un de l'autre, physiquement certes, mais surtout magiquement puisqu'ils sont sortis des sentiers battus qui ont été balisés par les magiciens antérieurs plus classiques. Ils ont su exprimer, grâce ou sans l'intermédiaire d'un personnage (3), leur personnalité, leur caractère.

Même si le magicien passe par l'utilisation d'un personnage, il ne doit pas jouer le rôle de cet étranger : il doit être cet autre, ce qui sous-entend le fait d'avoir la capacité à répondre à n'importe quel imprévu, à pouvoir réagir et rebondir en cas d'éléments perturbants exactement comme la personne le ferait si elle existait réellement. Ainsi, le travail de composition de cette façade est un ouvrage de longue haleine et de constante recherche et amélioration.


Qui est le plus vrai Jekyll ou Hyde?
Personnellement je crois que le personnage que se créé le magicien ne peut être que lui même ou, tout du moins, une partie de lui même. Je suis donc bien d'accord avec toi quand tu dis qu'il doit être cet autre, je pense qu'il est important de se rendre compte de ceci. Peut être dira t-on que face à l'imprévu il est plutôt difficile de réagir dans le rôle du personnage et que ça nécessite plus de réflexion et de travail afin d'avoir une attitude ou une réaction en accord avec ce personnage. C'est vrai mais c'est aussi vrai pour notre "vrai" moi. Chaque nouvelle situation a suscité une réflexion de notre part, innombrables sont les situations dans lesquelles on s'est demandé comment réagir, la différence est qu'on s'entraine à être nous même depuis toujours beaucoup de nos réactions deviennent automatisée et nos réflexions sont simplifiées. D'ailleurs, et ceci n'engage que moi, ce "vrai" moi est un personnage que vous vous construisez au fur et à mesure de votre existence, il dépend de vous effectivement mais il dépend au moins autant de votre entourage et milieu de vie. Ne dit-on pas que les épreuves de la vie nous forgent? Le personnage que vous vous construirez ne le sera pas à partir de rien et sera entièrement vous, non pas vous en entier, mais une partie de vous et donc ne sera pas vraiment un rôle. Mais j'avoue que tout ceci commence à ne plus être trop clair :mrgreen: .
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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar s1702 » 14 Fév 2010 12:48

Je ne comprends pas le dernier message.
Dans la première partie, on reprend Weber pour en faire un boniment. Ce aui n'est pas l'objectif du sujet.
Dans la seconde partie, je ne comprends pas ce que je peux appliquer....
s1702
Bebel a écrit :Rien absolument rien ne justifie le débinage. Le magicien n’a rien à y gagner, la magie non plus.

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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar AnaRchiC » 14 Fév 2010 13:28

Je ne comprend pas bien en quoi tu penses que je reprend Werber pour en faire un boniment, ça n'est pas l'objectif comme tu le dis mais surtout ça n'est pas ce que j'ai fait. La 1ère partie renvoie à ce qu'a dit fred sur la théorie des idées de Platon.
La seconde partie n'est que mon opinion sur l'ambiguïté personnage/magicien il ne s'agit pas vraiment de donner des conseils applicables ou autre.
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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar bophector » 15 Fév 2010 10:42

Bravo Fred, pour cet article bien mieux situé dans le forum que sur le site, ici, il crée des réactions et des ajouts intéressants !
Quant à donner une définition complète de la magie, je crois qu'il est plus facile de définir l'univers!
magicjules a écrit :Déjà les spectateurs ne quitteront pas tout de suite le monde réel. Un effet "impossible" présenté dès le début, n'amenera souvent aux spectateurs que la question "Comment a t-il fait ?

>Qu'il se pose la question est déjà formidable!

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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar s1702 » 15 Fév 2010 11:13

Je vais essayer d'être plus clair.

AnaRchiC a écrit :La pratique de la magie n'est elle pas un pont vers ce monde des idées que l'Homme ne maitrise que peu?

A condition que ce monde existe. C'est un postulat que tu poses. Ce n'est pas une erreur, mais ce n'est avant tout qu'une explication "boniment" comme les ET de Geller ou la Toile de Cassidy.

D'ailleur, si on lit le reste, on se rend compte que le postulat devient de plus en plus... boniment.
AnaRchiC a écrit :Quand vous vous mettez à rêver éveillé ne dit-on pas de vous que vous êtes "ailleurs"? Ce "ailleurs" n'est il pas cette "idéosphère"? Mais cette "idéosphère" ne fait elle pas partie d'un tout plus vaste encore?
Il est actuellement difficile de répondre avec exactitude à ces quelques questions. Peut être est-ce les fameux 90% restant de notre cerveau qui nous permettront de mieux appréhender et définir cet alter-monde.

Moi, perso, après cette tirade, je fais un tour :D


AnaRchiC a écrit :Le personnage que vous vous construirez ne le sera pas à partir de rien et sera entièrement vous, non pas vous en entier, mais une partie de vous et donc ne sera pas vraiment un rôle. Mais j'avoue que tout ceci commence à ne plus être trop clair :mrgreen: .

Il me semble que la, on glisse vers la facilité. Le personnage est une notion plus profonde qui peut faire toute la différence en magie et illusionisme (puisque tel est le sujet de base).
s1702
Bebel a écrit :Rien absolument rien ne justifie le débinage. Le magicien n’a rien à y gagner, la magie non plus.

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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar AnaRchiC » 15 Fév 2010 11:57

J'avoue que je comprend un peu mieux maintenant.
Le monde des idées existe enfin peut être pas défini comme en tant que tel je suis d'accord et je comprend ce qui peut te gêner.
J'aimerai bien que tu précises ce que tu entends par boniment.
Pour la dernière partie je ne vois pas en quoi on glisse vers la facilité ce que je dis n'empêche en aucun cas que le personnage soit une notion plus profonde.
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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar s1702 » 15 Fév 2010 12:13

Le boniment, c'est la soudure de ton tour, le texte qui va rendre ce que l'on voit cohérent.
Tu triches autant (et même plus) avec le boniment qu'avec tes doigts.

Si l'on reprend le texte de Fred, au niveau de la définition de base, on se rendra compte que c'est la seule pierre stable de l'édifice.
D'ailleurs, il le dit plus loin: "On l'aura compris : les chemins sont divers et mènent tous à des sensations et à des mises-en-scène différentes. Là, personne ne peut décider à votre place : c'est votre personnalité qui vous guidera vers le chemin de façon relativement naturelle."

Le boniment, c'est ce qui va permettre de passer de la pierre du départ aux chemins qu'il mentionne.
Cependant, celui ci devra correspondre au personnage, son style, sa personnalité. Et tout cela va définir les effets et tours que l'on présentera.
On en revient à cette idée de cohérence.

La citation de Weber, c'est un boniment.

Pour la seconde partie, pas d'animosité de ma part, une simple constatation. Dire qu'un personnage doit être nous, pas en entier, mais en partie, et donc, que l'on ne joue pas vraiment vraiment un rôle me semble un peu léger.
Il ne suffit pas d'être soi pour être intéressant, et encore moins pour être cohérent.
Je dirais donc que la réflexion s'arrête trop tôt sur un lieu commun.

Prenons l'exemple de deux comiques. Palmade saurait certainement raconter avec beaucoup de succès des blagues de Bigard, mais... serait il cohérent avec son tout? Et pourtant, peut être qu'il aime l'humour salace.
Penser qu'il ne raconte que ce qu'il raconte car c'est "lui" ou "une partie de lui" est bien trop réducteur je pense.
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Bebel a écrit :Rien absolument rien ne justifie le débinage. Le magicien n’a rien à y gagner, la magie non plus.

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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar guypel » 15 Fév 2010 13:05

Et pourquoi ne pas fermer sa gueule pendant qu'on fait une routine ??? (vous allez dire que je suis bloqué dessus, mais... oui), mentalisme mis à part of course, mais il est question de magie dans le sujet :joker:
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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar freddragn » 15 Fév 2010 13:21

Pour revenir à ce que s1702 dit et ce que Guypel laisse suggérer, le boniment n'est pas la pierre principale, mais un constituant de cette vaste base que constitue la mise-en-scène et la création d'un personnage.
Certes, le boniment est intéressant, mais si vous racontez une histoire de Burger dans vos habits quotidiens au bar, les gens risquent de vous prendre pour un taré.

Voici mon point de vue : l'idée principale, c'est que la base est un agglomérat de détails qui font qu'elle est solide.
Si vous le souhaitez, considérez cette base comme une unité valant 1 ou 100%.
Lorsque votre boniment n'est pas suffisamment voire pas du tout là, votre présentation, chorégraphie et mise-en-scène se doivent de venir compléter le tableau afin que l'absence de paroles ne soit pas un mal. La chose opposée est également possible : si le domaine de la présentation n'est pas votre favori et que, malgré tous vos efforts, vous n'arrivez pas à vous y faire, il faudra compenser la chose avec un boniment solide comme un rock.

Cette valeur unitaire n'est pas la même pour tous (certains plus doués et expérimentés que d'autres), mais le principe reste le même quel que soit le niveau de la personne : le principe d'unité doit être conservé à tout prix, sous peine de basculer dans le charlatanisme ou la manipulation pure et de quitter le monde de la magie.
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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar Invité » 16 Fév 2010 11:27

guypel a écrit :Et pourquoi ne pas fermer sa gueule pendant qu'on fait une routine ??? (vous allez dire que je suis bloqué dessus, mais... oui), mentalisme mis à part of course, mais il est question de magie dans le sujet :joker:


Peut être parcqu'une routine n'est pas magique en soi et que c'est l'univers auquel on va la rattacher en racontant une histoire-idée-concept qui va lui faire prendre cette dimension.

Votre histoire de boniment me chiffonne.

Si le boniment n'est la que pour accompagner le tour, va falloir ramer pour rendre l'ensemble magique, le tour n'étant qu'un puzzle.
A mon humble avis, l'impossibilité doit se situer dans l'histoire-idée-concept, le tour n'étant la que pour étayer ou rendre valide le discours, tout comme les objets utilisés.

En gros, si vous faites cela: http://www.youtube.com/watch?v=0Sn-4w2i ... r_embedded vous présentez un puzzle.
L'histoire est nullissime et simpliste, le matos ne tient pas la route.

En vous balladant sur le site de Chelman, il y a pleins de belles histoire et de beau matos qui ne demande qu'à vous faire croire à la magie.

Mais pas besoin de matériel très cher et d'histoire morbide pour tenter de parvenir à un résultat similaire.

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Re: Essai de définition de la magie et de ses objectifs.

Message non lupar guypel » 16 Fév 2010 12:55

Ursula a écrit :Peut être parcqu'une routine n'est pas magique en soi et que c'est l'univers auquel on va la rattacher en racontant une histoire-idée-concept qui va lui faire prendre cette dimension.


OK, je reformule : pourquoi vouloir a tout pris utiliser la PAROLE pour raconter quelque chose pendant le tour...
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